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Le marché locatif va de mal en pis : il est urgent d'agir pour remédier à la pénurie

Le marché locatif en Belgique ressemble à un Black Friday : pénurie et concurrence acharnée. Dietger Van Steertegem plaide en faveur de solutions, et non d'une augmentation des impôts. Découvrez-en plus !

16 septembre 2024
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Le marché locatif en Belgique ressemble de plus en plus à un « Black Friday » américain : pénurie, longues files d'attente et lutte acharnée pour décrocher une bonne affaire. Alors que les chiffres des ventes immobilières continuent de grimper, les locataires sont de plus en plus désespérés dans leur recherche d'un logement convenable. Dietger Van Steertegem, responsable opérationnel des locations chez Living Stone, observe ces tendances de près et ressent l’urgence d’aborder cette question. Mais comment s’y prendre ? Spoiler alert : augmenter les impôts n’est pas la solution. Il est temps de jeter un regard neuf sur la manière dont nous pouvons véritablement redynamiser le marché locatif avant qu’il ne se transforme en une jungle inextricable. Dietger, à vous la parole ! 

Le marché locatif oublié 

« Ces derniers mois, les chiffres du Notarisbarometer ont de nouveau fait beaucoup de bruit dans les médias. Pour ma part, je suis fier de nos propres résultats, que nous pouvons comparer à ces chiffres nationaux. Avec 12 agences immobilières et plus de 50 collaborateurs, nous avons une nouvelle fois enregistré une augmentation du nombre de transactions de vente. De plus, les prix de vente ont eux aussi légèrement augmenté. »

Ce qui est toutefois souvent négligé, c'est la tendance sur le marché locatif. Il est grand temps que nous disposions également, au niveau national, de chiffres trimestriels concernant le marché locatif et que nous les replacions dans leur contexte. Car alors que les chiffres des ventes sont en hausse, la situation pour les locataires est loin d'être rose. La demande croissante et l'offre en baisse conduisent à un marché locatif qui ressemble à un Black Friday américain, avec de longues files d'attente, une concurrence féroce et un grand nombre de candidats déçus qui restent sur le carreau. Je pense qu'il est grand temps que le gouvernement agisse et élabore des mesures qui encouragent les bailleurs à investir dans l'immobilier, afin d'augmenter l'offre. »

Pourquoi la demande augmente et l'offre diminue

« Pourquoi observe-t-on cet écart entre l'offre et la demande ? La Belgique jouit d'une solide réputation en matière d'accession à la propriété, avec pas moins de 72 % de la population vivant dans son propre logement. Depuis les années 70, ce pourcentage est resté relativement stable, en partie grâce à une politique fiscale qui encourage l'accession à la propriété. La propriété immobilière est souvent considérée comme un pilier supplémentaire de la retraite, et à juste titre.

Pourtant, 28 % de notre population reste dépendante du logement locatif, soit en raison de circonstances telles qu'un divorce, soit parce qu'elle n'a pas encore réuni le capital de départ nécessaire. Ces locataires se trouvent aujourd'hui dans une situation difficile. Sur le marché actuel, ils doivent presque présenter des lettres de recommandation pour trouver un nouveau logement. Une lettre de motivation accompagnée de photos de la famille, une lettre de recommandation d’un ancien propriétaire et même des photos de leur intérieur actuel sont toutes utilisées pour tenter de se démarquer. Cela semble être une réalité absurde sur le marché locatif effervescent d'aujourd'hui, mais c'est bien la nouvelle norme pour le candidat désespéré. » 

Le gouvernement doit prendre des mesures 

« Les pouvoirs publics doivent agir rapidement afin de mettre à profit la prochaine législature pour accroître l'offre. Il est essentiel de rendre la location plus attractive pour les bailleurs afin d'encourager les investisseurs privés. L'imposition des revenus locatifs n'est certainement pas une solution. Ce qui peut aider, en revanche, c'est la mise en place de mesures fiscales qui encouragent les bailleurs à investir dans l'immobilier. »

Propositions concrètes pour le marché locatif 

« Il existe de nombreuses façons de stimuler le marché locatif à long terme. On peut par exemple envisager la suppression de la TVA de 21 % sur les biens immobiliers d'investissement, à condition que ces biens soient proposés à la location pour une durée supérieure à 15 ans. Ou encore une réduction des droits d'enregistrement pour ce même type de biens. Ces mesures pourraient avoir un impact considérable sur l'offre et l'accessibilité des logements locatifs. »

Mais nous pourrions également renforcer la protection du propriétaire. La législation actuelle vise à protéger le locataire, mais en cas de comportement répréhensible de la part de ce dernier, le propriétaire devrait disposer de davantage d'options. On peut penser à une caution plus élevée, à des procédures d'expulsion plus rapides ou à des solutions extrajudiciaires. »

« Messieurs les formateurs De Wever et Diependaele, il est temps de penser aux locataires et de mettre en place une protection juridique renforcée ainsi que des mesures de soutien fiscal pour tous ceux qui souhaitent louer un logement. Travaillons ensemble à une solution qui profite tant aux propriétaires qu'aux locataires. » - Dietger Van Steertegem